Rechercher

Stress & Anxiété, quelles différences ?


En 1936, Selye va désigner le stress comme la réponse non spécifique que donne le corps à toute demande qui lui est faite. Son modèle physiologique décrit alors le ‘’syndrome général d’adaptation’’ où trois phases successives sont évoquées face à une demande extérieure : une phase d’alarme où les forces de défense se mobilisent ; une phase de résistance où se met en place une adaptation à l’agent stressant et enfin une phase d’épuisement lorsqu’il y a limitation des possibilités d’adaptation. Le stress correspond donc à la réaction physiologique et psychologique de l’individu en réponse aux stimulations de l’environnement, évènements et difficultés. Il influence de nombreux états psychologiques (en premier lieu se trouve l’anxiété) et des pathologies somatiques. Il reste important de différencier le stress ‘’normal’’, qui reste transitoire et adapté au risque de la situation, au stress ‘’aigu’’ dit pathologique en signe de désadaptation de l’individu en changement de milieu.


C’est en Europe, à la fin du 19ème siècle que l’on identifie l’anxiété d’un point de vue médical et psychologique. Dans son ouvrage Gestion du stress et de l’anxiété (2012), Dominique Servant définit : ‘’L’anxiété n’est pas pathologique en soi et s’inscrit dans le répertoire émotionnel humain normal, sa fonction est multiple et complexe. Les réponses anxieuses s’expriment sur différents registres physiologiques, psychologiques, émotionnels et comportementaux. L’anxiété physiologique permet de détecter un danger et de préparer les comportements de défense. L’anxiété physique, cognitive et émotionnelle met en jeu différentes fonctions d’évaluation, de perception, de traitement de l’information et de mémorisation. L’anxiété est donc un facteur d’adaptation permettant de faire face aux situations de danger et d’urgence. Elle est nécessaire face à l’agression, aux performances et aux épreuves. Elle paraît indispensable à l’action, l’apprentissage, la prise de décision et la performance. A partir d’un certain degré, l’anxiété devient pathologique dans le sens où elle devient pénible et envahissante et, au contraire, inhibe et entrave le sujet dans son adaptation face au monde environnant.’’ De nombreux modèles ont été proposés afin de mieux comprendre ce concept d’anxiété d’un point de vue psychologique et biologique comme celui de Spielberger (1980), de Young (1990), de Hantouche (2001), etc.


Au niveau des symptômes anxieux, on notera quatre registres : somatique, psychologique, comportemental et émotionnel. Ces symptômes peuvent être diffus ou localisés et concernent tous les organes et systèmes. Sans étiologique médicale précise, les symptômes physiques peuvent se présenter en tant que signes respiratoires ; cardio-vasculaires ; digestifs ; génito-urinaires et neuromusculaires. Il peut également exister des céphalées de tension ; des vertiges ; ainsi qu’un hyperéveil physiologique. Au niveau psychologique et émotionnel : on relève des difficultés cognitives (interprétations, pensées automatiques, images mentales) ; émotionnelles (sentiments accompagnés

de sensations, hypersensibilité, réactions émotionnelles marquées, irritabilité, etc.) ; et neuropsychologiques (difficultés de mémoire, attention, concentration). Enfin, dans le registre comportemental, il peut exister de l’agitation ; une inhibition anxieuse ; des vérifications ; des impulsions et compulsions ; une recherche répétée de réassurance et d’aide. Certains signes associés peuvent également apparaître, comme des troubles du sommeil ; une sensation de tension intérieure ainsi qu’une asthénie.


Après avoir répertorié et analysé la présence des différents symptômes ressentis par le patient, le thérapeute pourra poser le diagnostic de syndrome anxieux (attaque de panique, syndromes phobiques, anxiété généralisée, anxiété réactionnelle). Puis, en fonction de la durée, de la fréquence, de l’intensité ainsi que du retentissement de ces symptômes sur la vie quotidienne, la présence d’un trouble anxieux et phobique pourra être évoquée. Le trouble panique avec ou sans agoraphobie, les phobies spécifiques, le trouble d’anxiété sociale, l’anxiété généralisée et le trouble de l’adaptation avec anxiété sont les principaux troubles anxieux observés. Toutefois, il est fréquent que les patients associent plusieurs tableaux cliniques.




#stress #anxiété #définitions #mieuxcomprendresesfonctionnements

1 vue0 commentaire